Après seulement deux saisons en tant que coach, Laurent Kleefstra a presque déjà tout connu. La descente et la remontée. A 39 ans, il ne lui manque qu'un titre. BASKET-BALL
Derri ère toute réussite se cache un grand homme. Si les jeunes Toulougiens ont (presque) accompli leur mission ascenseur pour remonter en Nationale 2 un an à peine après l'avoir quittée, ils le doivent surtout à leur coach, Laurent Kleefstra. La recette de son succès : une énorme expérience basket. Imaginez donc : "Kleef" a passé 30 ans sur les parquets. De Vitry, là où il effectue ses premiers dribbles jusqu'à Toulouges. En passant par Fos, Castelnau, Valence-Condom, Longwy et bien-sûr Frontignan. Un bagage synonyme de réel avantage. "Ça m'aide beaucoup en ce qui concerne l'approche du joueur. Quand tu joues, tu as du mal à réaliser la globalité de la fonction de coach, tu te concentres souvent sur tes problèmes personnels. C'est sûr qu'il me faudra encore pas mal de temps pour en maîtriser tous les rouages. Mais le fait d'avoir joué est un atout considérable sur le plan psychologique et de la gestion humaine. Les diplômes, c'est quelque chose, mais quoi qu'on en dise, c'est toujours le terrain qui dicte sa loi".
Poussé par Yves Baratet alors qu'il était à Valence-Condom (ex-ASVEL et équipe de France), "entraîner est devenu une évidence au fil des années". Pour celui qui a "eu la chance de côtoyer des pointures en la matière : Alain Gilles, John Dearman... Mais aujourd'hui, mon véritable modèle reste Alain Weisz". Celui qui l'a formé en sport-études à Sceaux (Hauts de Seine). Et de qui il a même gardé quelques manies. "Weisz nous faisait reproduire toutes les séances d'entraînement sur des cahiers. Du coup, j'ai pas mal d'exercices en stock. C'est bien de s'en inspirer, c'est aussi important de se forger sa propre identité".
"J'en rêve la nuit !" Une griffe qui s'affûte de semaine en semaine. Avec un fond de jeu "que j'avais déjà en tête l'an passé. Cette saison, on bénéficie du travail accompli l'an dernier à la différence près qu'on gagne depuis le début. Les joueurs ont évolué, moi aussi. Désormais, j'arrive à me tenir à mes choix et mes décisions".
Une véritable métamorphose. Kleefstra le novice est devenu une main de fer dans un gant de velours. Fédératrice et intransigeante. Quelqu'un qui "croît plus en l'intelligence de l'homme qu'en la baguette". Lui qui vit basket "24 heures sur 24. J'en rêve même la nuit". Heureusement, il y a son pote, son sosie, son assistant : Bruno Ruiz. Qui l'accompagne, le soutient depuis "le centre de formation à Montpellier. Bruno était un grand joueur. Notre binôme est complémentaire : il se consacre à l'aspect technique, le collectif, par contre, j'en fais mon affaire. On est arrivé là sans pression. Mais avec des méthodes et une rigueur de haut niveau. Sans oublier le plaisir". Qui vont leur permettre de mener leur groupe -"le même si possible"- en N2. "Pour honorer ma dernière année de contrat. Ensuite, je ne sais pas. Je vais passer mon 2 e degré à la fin de l'année. Avec le tronc commun, on peut coacher en Pro B et en Pro A". Après avoir raflé un titre pour couronner le tout ? "Je suis superstitieux ! Montons d'abord, après on verra".